DP   Dominique PIVETEAUD vous invite à découvrir
ses sculptures, à travers sa galerie virtuelle
 
Bienvenue
 
Vous qui passez, donnez-vous le temps d’entrer dans la confidence. Et puis, vous entendrez bien un vers ou deux sur le zinc… Car le zinc, ici, a des secrets à vous révéler. Il suffit que votre regard ose effeuiller discrètement des pages de ces livres entrouverts sur un peu d’invisible.
D’abord, levez la tête… Et si vous avez le bon coup d’œil, vous distinguerez là-haut sur les toits de Paris, au creux de la nuit, tout droit venue par je ne sais quel aqueduc dérobé, une silhouette énigmatique et agile qui vole furtivement de lucarne en gouttière à l’affût de quelque trésor oublié.
L’œil d’un chat sauvage voit tout. Il embrasse l’horizon aux mille toits, scrute les volumes, les lignes et les pentes à la recherche du mets de choix : l’ardoise, la miette de métal ou la parcelle de zinc qui sera son oiseau rare.
Soudain, l’acrobate en quête de toits se fige comme limier à l’arrêt : infaillible, son regard a percé la nuit et deviné la pièce unique, exemplaire, que lui seul saura tout à l’heure dépecer et recomposer prestement.
Et voici le voleur de rêves, souple félin tôt de retour dans son antre, rue du Chat-qui-pêche, au pays des colombes en allées vers d’autres cieux. Dévêtant son pelage, il se met sur le champ à un ardent ouvrage : graver ses songes les plus chers pour nous conter l’instant parfait.
Ses griffes seront ses brosses, la nature sa palette, un étau l’écritoire, une pince fera sa plume et des larmes de lune une encre bien sympathique.
Pour son écriture – coup de patte ? non, sixième sens… ! –, c’est celle du temps qu’il fait, du temps qui passe, des frissons d’eau ou des clapots, du vent de sable et de la pluie, quand celle-ci fait des claquettes à minuit et scande sur le zinc d’impertinents pizzicati émaillés d’ocre et rehaussés de rouille ou de safran.
Ou bien la pluie fait sa méchante et fouette la tôle, creuse à vif dans la chair du métal, la crevasse et la grêle en fines ravines, mariant au vert-de-gris les bronzes profonds ou quelques ambres plus doux.
La main du peintre, inspirée, sensuelle, vient se colleter avec la matière, sculpter une à une les pages du livre de sa vie : « Le chat des cent secrets ». Ainsi, chaque tableautin, chaque icône est comme l’arrêt sur image d’un désir entrevu, d’une promesse qui s’offre en rougissant…
Se fiant à son instinct, la main redonne peu à peu au zinc un relief tout neuf, joue avec les ombres, se grise de quelques entrechats mordorés, réorchestre les plans, déjoue les remparts de la pudeur et dévoile bientôt les plis indolents.
Sous la caresse des doigts l’alliage reprend vie et s’assouplit, il roule, ondule et se prête aux étreintes de la paume experte.Vient le matin, le temps peut s’arrêter : l’Oeuvre est transmué.Le Rêveur s’est échappé.
Il y a un instant vous étiez dehors, et vous voici dedans. Devenu confident intime, et même, amante ou amant. Venez plus près, tout contre, car au cœur est l’origine de la vie : un miroir plein de mystères, de ce mystère qui ressemble au vôtre. Votre œil le devine, votre cœur le pressent : vous voici tout à coup face à vous.
Alors, écoutez la chanson bien douce qui naît, là, pour vous plaire… Et entrez, sur la pointe des yeux, dans le monde des secrets. Qui se murmurent en silence.
 
 
Thierry Destrez, 2004

 
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